Produire soi-même sa T2 ou faire affaire avec un comptable?
Produire soi-même sa T2 et sa CO-17 ou mandater un comptable? Comparaison honnête de TurboTax, UFileT2 et TaxTron : leurs vraies limites et les coûts réels.
Oui, vous avez le droit de produire vous-même la déclaration de revenus de votre société. Ni l'ARC ni Revenu Québec n'exigent qu'un comptable prépare votre déclaration T2 ou votre CO-17 : ils exigent une déclaration complète, exacte, transmise par voie électronique et à temps. La vraie question n'est pas « est-ce permis? », mais « est-ce payant? ». Voici une comparaison honnête.
Ce que produire une déclaration de société implique
Toute société canadienne doit produire sa T2 dans les six mois suivant la fin de son exercice, même sans activité ni impôt à payer. Le solde d'impôt est généralement exigible deux mois après la fin de l'exercice — trois mois pour bien des SPCC qui demandent la déduction pour petites entreprises. L'échéance de paiement arrive donc bien avant celle de production.
Deux autres règles pèsent sur la décision :
- La transmission électronique est obligatoire. Pour les années d'imposition débutant après 2023, presque toutes les sociétés doivent transmettre leur T2 avec un logiciel homologué par l'ARC; une déclaration papier entraîne une pénalité de 1 000 $. Revenu Québec impose la même exigence pour la CO-17.
- Vos états financiers entrent sous forme de codes IGRF. L'Index général des renseignements financiers (GIFI) convertit votre bilan et votre état des résultats en codes normalisés. Le logiciel fournit les cases; choisir le bon code parmi des centaines pour chacun de vos comptes, c'est votre travail.
Une société exploitée au Québec produit aussi une CO-17. Ce simple fait élimine la majorité des logiciels grand public.
Les principaux logiciels T2 en 2026
TurboTax Business Incorporated
Le produit grand public d'Intuit est un logiciel de bureau pour Windows seulement, vendu 375 $ pour une déclaration au moment d'écrire ces lignes. Surtout : il ne prend pas en charge la CO-17 — Intuit renvoie ces utilisateurs vers sa gamme professionnelle ProFile — et il ne produit pas le formulaire T661 de la RS&DE.
UFileT2
UFileT2 est le seul des trois à produire la T2 fédérale et la CO-17 du Québec, en plus de l'AT1 albertaine. Homologué par l'ARC et par Revenu Québec, il importe les données IGRF depuis Sage 50, entre autres. Son éditeur dirige d'ailleurs les dossiers plus complexes vers son produit professionnel DT Max.
TaxTron T2
TaxTron est l'option économique : environ 130 $ pour une licence d'une seule déclaration, offerte sur Windows et macOS, qui traite un revenu positif, nul ou une perte. Comme TurboTax, il ne prépare pas la CO-17.
Constat pour un entrepreneur incorporé au Québec : deux des trois principaux logiciels ne peuvent pas produire votre déclaration provinciale.
Ce qu'un logiciel fait bien — et ce qu'il vous laisse
Soyons justes : un logiciel T2 calcule, reporte les totaux d'une annexe à l'autre, signale les champs manquants et transmet la déclaration. Si vos données sont bonnes, le résultat l'est aussi.
Ce qu'aucun logiciel grand public ne fait, c'est exercer un jugement :
- Le mappage IGRF. Le logiciel ne vous dira pas si votre avance à l'actionnaire est codée au bon endroit. Des données IGRF incohérentes sont exactement le genre d'anomalie qui attire l'attention de l'ARC.
- Les états financiers NCECF. Un logiciel d'impôt présume que vos états financiers existent déjà — il ne les prépare pas. Si votre banquier exige des états NCECF avec rapport de compilation d'un CPA, aucun logiciel ne l'offre.
- La déduction pour petites entreprises. Le logiciel réclame la DPE si vous le lui demandez. Il ne vous avertira pas que les sociétés associées se partagent un seul plafond de 500 000 $, ni ne vérifiera si votre société de gestion déclenche les règles d'association.
- Le critère des heures au Québec. Le taux réduit de 3,2 % exige au moins 5 500 heures rémunérées; sous 5 000 heures, la réduction disparaît et le revenu est imposé à 11,5 % au provincial. Le logiciel applique ce que vous entrez — il ne planifie rien autour du seuil.
- La vraie planification. Salaire ou dividendes, moment de la déduction pour amortissement, acomptes provisionnels : ces décisions se prennent avant la déclaration — pas dans le logiciel.
Grille de décision rapide
Le logiciel est probablement le bon choix si toutes ces conditions sont réunies :
- Votre société est inactive, ou son activité est simple et sa tenue de livres impeccable
- Vous exploitez dans une seule province — et si c'est le Québec, votre logiciel produit la CO-17
- Aucune société associée, aucune société de gestion, aucune réclamation de RS&DE
- Votre rémunération est établie et aucune décision de planification n'est en suspens
- Vous êtes à l'aise de mapper votre balance de vérification aux codes IGRF
Confiez le mandat à un CPA si l'un de ces éléments s'applique :
- Des sociétés associées ou une structure de gestion partagent votre plafond de 500 000 $
- Vous êtes au Québec, près du seuil des 5 500 heures — ou incertain de l'atteindre
- Un banquier, un investisseur ou un acheteur lira vos états financiers
- Votre stratégie salaire-dividendes n'est pas arrêtée, ou vos profits croissent rapidement
- Vous êtes en retard dans vos déclarations ou avez reçu du courrier de l'ARC ou de Revenu Québec
Là où le « faites-le vous-même » coûte cher en silence
Le vrai risque du T2 maison n'est pas une déclaration rejetée : c'est l'argent laissé sur la table. Une société québécoise qui rate le critère des heures paie 11,5 % au lieu de 3,2 % au provincial — jusqu'à environ 41 500 $ de plus par année sur 500 000 $ de revenu. Un solde payé à l'échéance de production plutôt qu'à l'échéance de paiement accumule des mois d'intérêts non déductibles. Rien de tout cela ne s'affiche comme message d'erreur.
Ajoutez votre temps : une première T2 avec mappage IGRF gruge facilement plus d'une journée de travail.
Combien chaque option coûte au bout du compte
Le faire vous-même : environ 130 $ à 375 $ de logiciel, plus vos heures — et votre tenue de livres doit quand même être exacte. Avec Stamped : les déclarations de revenus des sociétés commencent à 1 475 $, préparées et transmises par des CPA, CO-17 incluse, avec une réponse en 24 heures. Les détails sont sur notre page de tarification, et vous pouvez d'abord estimer l'impôt de votre société avec notre calculateur d'impôt des sociétés.
Conclusion honnête : pour une société inactive ou vraiment simple, le logiciel est un choix défendable et l'économie est réelle. Pour une société en exploitation avec un profit significatif — surtout au Québec — l'écart entre 375 $ de logiciel et 1 475 $ de préparation par un CPA est souvent plus petit que la valeur d'une seule bonne décision que le logiciel n'aurait jamais signalée.
Questions fréquentes
Ai-je le droit de produire moi-même la déclaration T2 de ma société?
Oui. Toute société peut préparer et transmettre sa propre T2 avec un logiciel homologué par l'ARC. Pour les années d'imposition débutant après 2023, la transmission électronique est obligatoire — une déclaration papier entraîne une pénalité de 1 000 $. Le vrai défi n'est pas légal : c'est le mappage IGRF et les déductions à réclamer correctement.
Quel logiciel d'impôt de société prend en charge la CO-17 du Québec?
Parmi les principales options grand public, seul UFileT2 produit à la fois la T2 fédérale et la CO-17, avec l'homologation de l'ARC et de Revenu Québec. TurboTax Business Incorporated et TaxTron T2 ne préparent pas la déclaration québécoise.
Combien coûte un comptable pour une déclaration de société?
Chez Stamped, les déclarations de revenus des sociétés commencent à 1 475 $, préparées et transmises par des CPA, CO-17 incluse pour les sociétés québécoises. Un logiciel grand public coûte environ 130 $ à 375 $, plus votre temps — souvent plus d'une journée de travail pour une première déclaration.
Quand le logiciel est-il vraiment le bon choix?
Pour une société inactive ou très simple : une seule province, tenue de livres impeccable, aucune société associée, aucune RS&DE et aucune décision de planification en attente. L'économie est alors réelle — mais rappelez-vous que le solde d'impôt est généralement exigible deux mois après la fin de l'exercice, pas six.